Z comme Zouaves

Les zouaves sont des unités françaises d’infanterie qui ont existé de 1830 à 1962. Ils sont connus pour leur uniforme singulier Ils sont composés en majorité d’européens, même si on les confond souvent avec les régiments de tirailleurs algériens ou marocains.

Le mot " zouave" vient de l'arabe Zwawa. Il désigne des tribus kabyles où les Ottomans recrutaient des soldats comme les Britanniques le font au Népal des Gurkas.

Le corps des zouaves est créé lors de la conquête de l'Algérie en 1830 par l'incorporation de soldats kabyles. À partir de 1842, leur recrutement est exclusivement européen.

Leur uniforme se compose d'une coiffe dite " chéchia " sorte de bonnet de feutre rouge. La " bedaïa ", veste boléro en drap bleu foncé est portée sur le " sédria ", gilet sans manche en drap bleu foncé à tresses garance. Le pantalon, le " sarouel " est très ample. La ceinture indigo, qui mesure quatre mètres de long, est l’élément le plus difficile à mettre et le zouave doit souvent appeler à l’aide un de ses compagnons.

Les régiments de zouaves sont parmi les plus décorés de l'armée français.

XIXème siècle

En juin 1830, l'armée française débarque à Sidi-Ferruch et obtient la reddition d'Alger. Elle recrute 500 premiers zouaves. Les officiers, sous-officiers et caporaux sont choisis parmi les cadres du corps expéditionnaire, tandis que la troupe est indigène. Pour accélérer le recrutement, des soldats volontaires et des étrangers sont acceptés.

Le 3 juillet 1831, ils remportent leur première victoire au col de Mouzaïa.

La raréfaction des volontaires et la difficulté d’adaptation des musulmans à la rigueur militaire empêchent le développement du corps des zouaves. En 1833 il ne reste qu’un bataillon. Les conditions de recrutement sont modifiées pour attirer les Français installés à Alger. Les résultats sont immédiats. Un deuxième bataillon est levé en 1835, un troisième en 1837. En 1841, les trois bataillons sont regroupés en un seul régiment constitué de Métropolitains et de Français d'Afrique du Nord. En 1852, Napoléon III porte à trois le nombre des régiments de zouaves puis à quatre en 1854. Ils s’illustrent dans l'Ouarsenis (1842), à Isly (1844) et à la prise de Zaatcha (1849).


La prise de Zaatcha (1849) et le zouave du Pont de l’Alma un jour de crue

Les zouaves quittent l'Algérie pour la Crimée où ils combattent de 1853 à 1856. Ils s’illustrent à la bataille de l'Alma, en prenant par surprise les Russes, en s'emparant de leur artillerie puis en la retournant contre eux. C'est en hommage à cette victoire qu'est réalisé le zouave du pont de l'Alma, sur la Seine.

Les zouaves sont ensuite engagés dans la campagne d’Italie contre les Autrichiens en 1859. Ils s'illustrent aux batailles de Magenta, de Solférino et de Palestro, Les zouaves participent à l'expédition du Mexique (1861-1864) avant d’être engagés dans la guerre franco-prussienne de 1870. Ils se couvrent de gloire, à la bataille de Froeschwiller.

Pendant la Troisième République, ils participent aux opérations en Algérie et en Tunisie (années 1880 et 1890), puis à la pacification du Maroc. Ils sont ensuite envoyés en Cochinchine et occupent le Tonkin et l’Annam (1887).

XXème siècle

Les zouaves prennent part à la Grande Guerre, en France et au Levant. Entre 1920 et 1927, ils font campagne au Maroc et à la guerre du Rif en 1925 et 1926. Ils n’ont pas un rôle prépondérant pendant l’offensive allemande de 1939-1940.

Après le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942 et la reformation de l'armée française, les zouaves deviennent des unités mixtes et recrutent aussi des musulmans. Ils participent à la campagne de Tunisie en 1942-1943 puis aux campagnes de France et d'Allemagne en 1944-1945.

Lors de la guerre d'Algérie, les zouaves, majoritairement composés d’appelés et de rappelés de Métropole ou des départements d’Algérie, sont affectés au maintien de l'ordre. Ils démantèlent alors de nombreux réseaux du FLN et assurent l'ordre et la sécurité en ville et dans le bled, jusqu’à la fin de la guerre en 1962.

Un zouave parmi tant d'autres : René Alix,  un des porte-drapeaux du comité de Bergerac.

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