X comme Xavier Niessen et le Souvenir Français

François-Xavier Niessen naît le 9 octobre 1846 à Sarre-Union (Bas-Rhin). Après ses études, il devient enseignant à Neuilly-sur-Seine.

Le 19 juillet 1870 éclate la guerre entre le Second Empire de Napoléon III et la Prusse. Elle se termine le 29 janvier 1871 par la défaite de la France. Les vainqueurs annexent les départements français du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle (improprement appelés " Alsace-Lorraine "), régions qui avait elles-mêmes été annexées par Louis XIV.

Niessen l’Alsacien veut maintenir le souvenir des provinces perdues. Il pense que l’entretien des tombes (la guerre a fait 45.000 morts) et les services religieux doivent permettre de conserver la mémoire des soldats défunts et d’entretenir un sentiment d’unité nationale. Pour la Toussaint, des jeunes filles en habit traditionnel alsacien déposent des cocardes tricolores sur les tombes des soldats de leur commune.

A Neuilly, en 1887, Niessen crée l’Association Nationale du Souvenir Français. Le 1er février 1906, elle est reconnue d’utilité publique.

Au début du XXème siècle, les relations se tendent entre la France et l’Allemagne et celle-ci dissout le Souvenir Français en Alsace-Lorraine le 23 janvier 1913. Au cours de la Grande guerre, la France perd 1.400.000 soldats. Le Souvenir Français aide les familles à localiser les corps des soldats tués. En 1915, il organise 200 cimetières militaires et érige 50 monuments à la gloire des soldats morts pour la France. En 1918, ce sont 200.000 tombes qu’il entretient. Sa devise est célèbre : " A nous le souvenir, à eux l’immortalité ". La célébration de la Toussaint devient un geste fort. Niessen décède le 29 décembre 1919. Son association lui survit.


De 1887 à nos jours, l’insigne du Souvenir Français évolue. Au lendemain de la guerre de 1870, la croix latine représente le symbole d'une tombe pour une France majoritairement catholique.

Malgré la séparation des Eglises et de l'Etat, la croix reste sur les insignes bien après 1918 mais s'édulcore en croix " grecque", puis vient le glaive, moins religieux mais qui rappelle vaguement la silhouette de la croix. En même temps, l'écu passe d'une forme classique à celle d'écu suisse.

Nouvelle étape : le blason devient cocarde. Une main empoigne le glaive et une torche. Au second plan, on aperçoit l'Arc de Triomphe de Paris. Dernière mouture : la torche et l'Arc de Triomph sont conservés. Le glaive disparaît mais une Marianne se profile à gauche.

Plus de croix, ni de glaive : l'insigne est devenu " politiquement correct ".(© chasseurs-de-mémoire)

L’association du Souvenir Français n’est pas pour autant une association du passé. Elle contribue, par son soutien financier, à l’organisation de très nombreuses cérémonies, tant en France qu’à l’étranger. Des centaines de bénévoles participent à l’entretien des tombes des soldats " Morts pour la France ".

A Bergerac comme dans la presque totalité des Comités du Souvenir Français, une place ou une rue " Xavier Nielsen " ou " Souvenir Français " a vu le jour, avec le soutien bienveillant des municipalités.

Une place a été inaugurée en 1997 par le premier Président du Comité de Bergerac, M. Roudeillac.

C’est là, près du cimetière Beauferrier, le point de rendez-vous des quêteurs qui se retrouvent à la Toussaint pour collecter des fonds afin d’assurer l’entretien des tombes des soldats " Morts pour la France ".

Chaque jour, le Souvenir Français transmet le message laissé par tous ceux qui donnèrent leur vie pour défendre les valeurs de notre civilisation.

Dans le Bergeracois, il est à l’origine de nombreuses réhabilitations de stèles ou de tombes. De même, il est l’instigateur de cérémonies patriotiques.

Le Souvenir Français fait partie des associations qui ont participé à l'érection du mémorial des Périgordins morts en AFN.

Et puisque l’Histoire continue, demain il participera moralement et matériellement à l’érection d’un monument à la mémoire de tous ceux qui sont morts pour la France en Opérations Extérieures (OPEX).

Écrire commentaire

Commentaires : 0