P comme Porte-drapeau

Le porte-drapeau militaire est l’héritier du porte enseigne de la Monarchie. Il s’agit au XVIIIème siècle d’un sous-officier qui a pour mission de porter les couleurs de son régiment que ce soit en temps de paix ou au combat.

La guerre de 1870 est riche en faits d’armes liés aux porte-drapeaux. Les combats de tranchée de la Grande guerre sonnent la fin des charges ostentatoires.

Lever un étendard lors d’un assaut est aussi honorifique que dangereux. Le porteur du drapeau est en général prés de l’officier. Il indique à la fois le point de ralliement et l’axe de la charge. Il concentre sur lui les tirs de l’ennemi. S’il tombe, un camarade relève le drapeau. Il n’est pas de plus grande gloire que de prendre un étendard à l’adversaire. Inversement, on préfère cacher, enterrer ou même brûler son propre drapeau que de le voir tomber aux mains de l’ennemi.


A gauche les Mobiles de la Sarthe qui prirent le château de Coulmier (1870) avec les Mobiles de la Dordogne. A droite, un porte-drapeau de la Légion étrangère (1917)

 

L’exercice de la garde au drapeau devient plus protocolaire.

 

De nos jours, le drapeau est porté par un officier subalterne, par un major ou un adjudant-chef désigné par le commandant d’unité. Sa garde est composée de deux sous-officiers qui encadrent le drapeau et de trois soldats qui forment le second rang. Ils sont choisis parmi les plus décorés. La garde du drapeau se met en marche, s'arrête, exécute les évolutions d'ordre serré et les mouvements de maniement d'arme aux ordres du porte-drapeau.

 

Garde au drapeau des chasseurs du 7ème BCA


Le porte-drapeau le plus visible aujourd’hui est l’Ancien combattant. Il a en charge les couleurs d’un ordre national, d’une association patriotique, d‘une union d’anciens chasseurs ou parachutistes, d’une amicale régimentaire… C’est un bénévole, disponible et discret. Il brave la pluie, le cagnard et les trop longs discours. Des jeunes gens, écoliers ou lycéens ont été mis en avant pour les remplacer. Les Anciens plissent les paupières : ils sont où, vos jeunes, les jours de classe ou pendant les vacances ?

 

Le porte-drapeau Ancien combattant doit se plier à deux règles : la tenue et la gestuelle.

 

La tenue. Dans la mesure du possible (mais comment imposer des contraintes à un bénévole ?) il doit être coiffé et porter des gants blancs. Une cravate, une chemise blanche, un costume ou un blazer et des chaussures complètent la tenue. Imaginerait-on un Ancien d’Algérie arriver à une commémoration avec un bermuda et des tongs ? Baudrier sur l’épaule droite, décorations officielles à gauche, associatives à droite, il tient le drapeau, comme autrefois son fusil, de la main droite.

 

La gestuelle. La force du porte-drapeau réside dans son anonymat. Toute la gestuelle est synchronisée, en arrivant ou en quittant un emplacement, pendant les sonneries, lors d’offices religieux. Il ne s’affranchit de cette uniformité que lorsque les autorités, en fin de cérémonie, passent le saluer individuellement, lui serrer la main, prononcer quelques mots… Préfets, généraux, élus, présidents d’Amicales se succèdent alors pour les féliciter. C’est la reconnaissance des officiels de la Nation pour la mission qu’ils remplissent.


L’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONAC-VG) récompense leur fidélité. Le diplôme de porte-drapeau est décerné au bout de 3 ans de service (bronze), 10 ans (bronze avec étoile argentée), 20 ans (bronze avec étoile dorée) et 30 ans (bronze avec palme argentée). Certaines associations, comme le Souvenir Français ont, pour leurs porte-drapeaux un insigne propre.

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