K comme Képi/kevlar, coiffures militaires au combat

Le bicorne du Ier empire est remplacé, en 1807, par le shako, lui-même détrôné par la " casquette d’Afrique " vers 1830. Son nom de képi lui viendrait des légionnaires germanophones de la légion étrangère : " Käppi " est le diminutif de " Kappe " ou bonnet en allemand.

 

L’Intendance militaire de Napoléon III introduit, en 1852, le premier képi. Il devient un symbole de l’armée française et suscite des émules dans de nombreuses armées comme en témoigne, par exemple, l’iconographie de la Guerre de Sécession nord-américaine. A quelques modifications près, c’est cette casquette que porte la troupe en 1914. Dès les premières semaines de combat, il s’avère qu’elle est repérable et qu’elle n’offre aucune protection aux éclats.

Une excellente reproduction du Mle 1852

(© strategie totale).

Un képi de lieutenant du 108ème  Régiment d’infanterie de Bergerac (coll. Audebert).

 


L’armée réagit de façon empirique : des couvre képis sont distribués pour masquer la couleur rouge. Par ailleurs, une espèce de bol en acier, " la cervelière " coiffe les poilus comme une calotte de moine. Dans un second temps, est lancée la fabrication d’un casque, le modèle 1915 " Adrian " (du nom du sous-intendant militaire Louis Adrian). L’effet est immédiat : les plaies à la tête représentait 77 % des blessures en 1914. Le chiffre tombe à 22 % l’année suivante.

 

Le casque Adrian est conçu pour protéger les soldats des éclats des obus mais il ne résiste pas à l’impact d’une balle de fusil ou de mitrailleuse. Il est couleur bleu horizon. À l'avant est agrafé le symbole de l'arme : infanterie (une grenade), artillerie (deux canons), etc. C’est une version légèrement modifiée (modèle 1926) qui équipe les soldats de 1940.

La cervelière dans une tranchée

Le casque Mle 1915, dit "Adrian"


Dans les années 43-45, le casque US et le " plat à barbe " britannique supplantent le modèle Adrian. L’Intendance va d’abord créer le modèle 45. Sa forme lui vaut le sobriquet de " Jeanne d’Arc ". En 1951 le casque TTA OTAN est mis en service. C’est une vague copie du casque US. La nouveauté est que la coiffe n’est plus fixée à l’acier du casque mais trouve son indépendance dans un léger sous-casque en plastique qui s’emboîte sous le casque d’acier. C’est le casque que l’on voit partout alors, des Aurès jusqu’à l’opération de Kolwezi.

 

En 1978 apparaît le F1. D’un poids équivalent, 1.2 kg, il est plus compact et comporte une système de jugulaire/mentonnière qui permet de bien le fixer et d’éviter les balancements du Mle 1951, surtout lorsque le fantassin court.

Le Mle 1951 à Kolwesi

Photo extraite du film de Raoul Coutard

"La Légion saute sur Kolwesi"

 

Casque Spectra mle 1992. 

Détachement français au Mali en avril 2016

La Croix)


Les soldats français engagés en 1992 dans le cadre de la FORPRONU en ex-Yougoslavie ont affaire à une armée instruite aux modernes standards du Pacte de Varsovie et pratiquant le combat urbain. L’Armée de terre demande un casque plus adapté. La réactivité des entreprises de l’armement est immédiate et, la même année, apparaît le casque " Spectra ". Les matériaux composites (désignés, pas toujours à propos, sous le terme de kevlar) supplantent l’acier. Sa forme n’est pas sans rappeler le casque allemand de la seconde guerre mondiale ou le " Fritz " nord-américain. Il peut être complété de toute la gamme des équipements FELIN  (Fantassin à Equipement et liaisons INtégrés) comme un système radio, un appareil de vision nocturne, etc.

 

En deux siècles, la coiffure militaire au combat est passée du képi ostentatoire au discret casque de combat. Le képi reste toutefois en service. Il demeure le symbole incontournable de l’Armée de Terre française, du légendaire képi blanc de la Légion étrangère aux prestigieux képis brodés d’or de nos généraux.

Illustration de l'article de Patrick Zimmermann dans "48 info"

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