G comme Guerre d'Algérie (1954 - 1962)

En 1954, il y en Algérie 9,5 millions d'habitants. 90 % sont des arabes et des berbères musulmans. 10 %, des " pieds noirs " descendants de colons d'origine européenne installés depuis le XIXème siècle. Ils se sont expatriés pour des raisons politiques, comme les Alsaciens-lorrains après la guerre franco-prussienne, ou poussés par la misère qui sévit dans leur pays.

 Les arabo-berbères sont à plus de 90% des agriculteurs. Les européens sont surtout dans les villes. Fonctionnaires, commerçants, artisans, ouvriers, beaucoup vivent médiocrement. Les colons agriculteurs sont très peu nombreux mais possèdent le quart des terres. La guerre va connaître trois phases : la pacification avec Soustelle, le plan Challe et la marche vers l’indépendance.

1954, A Bab El Oued, les figures historiques de la rébellion algérienne.

Le 1er novembre 1954 (la Toussaint Rouge), des nationalistes algériens organisent 70 attentats en Kabylie et dans les Aurès. Ils attaquent des bâtiments publics, des hôpitaux, des magasins et assassinent des colons isolés. Les rebelles, surnommés fellagas, créent le Front de Libération National (FLN), partisan de l'indépendance.
La gendarmerie et l'armée disloquent les réseaux du FLN qui s’en tiennent à des actions sporadiques contre les forces de l'ordre, les colons et les populations favorables à la France.


Le gouvernement français dont François Mitterrand est le ministre de l'Intérieur, affirme que l'Algérie restera française. Pour rétablir l'ordre, Jacques Soustelle, un homme de gauche, pacifiste, ancien Résistant est nommé gouverneur général de l'Algérie. Il se lance dans la scolarisation et le développement économique. Pour faire échouer cette politique, le FLN creuse un " fossé de sang " entre les communautés. Les 20 et 21 août 1955, à Constantine, il attaque les quartiers européens des villes et les fermes isolées, tuant une centaine de colons qui réagissent. Il y a un millier de morts.

Bergerac (cimetière Beauferrier).

La plaque déposée en 2012

sur la tombe du Slt Gavoty

Mauzac (monument aux Morts).

Plaque dévoilée en août 2016

à la mémoire d'un officier aviateur.


Ces deux plaques ont été réalisées par le Comité de Bergerac du Souvenir Français

Le FLN a réussi son pari. Les colons effrayés ne veulent plus d'intégration. Le gouverneur général renonce à sa politique modérée et donne la priorité à la lutte armée contre les rebelles, la " pacification ".

 

L’Armée, traumatisée par l’Indochine, est bien décidée à gagner cette guerre. Pour occuper le territoire et y interdire les actions des rebelles, le gouvernement fait appel, mesure très impopulaire, aux appelés accomplissant leur service militaire. Ils sont maintenus ou rappelés " sous les drapeaux " au-delà du temps légal. De plus, pour renforcer ses effectifs, l'armée recrute des combattants favorables à la France, les harkis.

 

Les gaullistes, qui sont partisans de l'Algérie française, retrouvent le pouvoir avec le retour, en juin 1958, du général de Gaulle. Il effectue en juin et en juillet deux voyages en Algérie. Il pense qu'il sera impossible de conserver l'Algérie et qu'il lui faudra négocier avec les rebelles. Mais quel sera le sort des " pieds noirs " ? Et comment lier le Sahara et son pétrole à la France ? Une seule solution : négocier en position de force avec un FLN affaibli.

 

L'armée joue le plan Challe. C’est la " bataille d’Alger " : les parachutistes du général Massu, sans état d’âme, traquent le FLN, mettant fin aux attentats et à la guérilla urbaine. De Gaulle organise un référendum sur l'autodétermination de l'Algérie. Se sentant trahis les colons et une partie des officiers vont tenter de s'y opposer. Fin janvier 1960, les européens s'emparent d'Alger. C’est la " semaine des barricades ". En janvier 1961, le référendum consacre l'autodétermination, premier pas vers l’indépendance. Les européens réagissent en fondant l'Organisation de l’Armée Secrète (OAS). En avril 1961, quatre généraux tentent d’empêcher l’Indépendance, c’est le " putsch d’Alger ".

Janvier 1960. Barricade à Alger contre le limogeage du général Massu

Avril 1961. Les généraux Zeller, Challe, Salan et Jouhaud tentent un coup de force


Le 18 mars 1962, sont signés les Accords d'Évian . La France quitte l’Algérie à laquelle le Sahara reste rattaché. La sécurité des pieds noirs et des harkis qui ont combattu pour la France est toutefois garantie. Après le cessez-le-feu, une grande partie des harkis est massacrés. Un million d’européens, à qui le FLN donne le choix entre " la valise ou le cercueil ", quitte précipitamment le pays. Le 3 juillet 1962, l'Algérie devient indépendante.

 

 

 

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Commentaires : 1
  • #1

    LESCENE Christine (jeudi, 08 juin 2017 08:41)

    Tout aurait pu être tellement différent et cela laisse un goût d'immense gâchis. Très bel article.